Perte et absence
Rien n’est plus étranger à la nature que le paysage. Celle-ci ne se laisse pas facilement pénétrer, chaotique assemblage minéral et végétal, enchevêtrement touffu ou étendue stérile, elle demeure hostile. La jungle, mais aussi le taillis, la steppe sont inhospitaliers, ils témoignent d’une brutalité originelle où les notions de bien, de mal, de beau ou de laid sont absentes. La nature est. L’homme plongé dans cet environnement périt ou s’évertue à l’organiser, à l’humaniser. Il faut trouver des solutions. ainsi face au désordre offert par la nature, nous nous efforçons de proposer des aménagements. Pourtant nous en sommes une composante, mais elle agit sur nous comme un corps étranger. Elle nous oppose un questionnement continuel. Quelle est notre place, comment agir ? Dans ce cas il devient nécessaire de lui payer de lourds tributs pour espérer inventer un chemin qui nous conduira, en toute conscience, en son sein. Se réconcilier apparaît être une tache fort prenante. Pour édifier cette route, la passerelle nous reliant à l’univers et nous rendant ainsi la vie possible, tous nos commentaires et toutes nos tentatives d’explication sont indispensable. Faire paysage apprivoise le monde.
Le paysage, longtemps considéré comme un genre mineur, a acquis au cours de l’histoire ses lettres de noblesse. En regard de la peinture d’histoire ou religieuse qui a dominé l’Académie au classicisme, il s’est peu à peu imposé comme pratique majeur, pour devenir avec l’impressionnisme l’expression de la modernité. Le paysage est une nature organisée, une nature humanisée. On pourrait le comparer au jardin. Que montre-t-il ? Des arbres, le ciel, des espaces agencés de telle manière qu’ils puissent provoquer la délectation chez un spectateur. Mais aussi qu’évite-t-il de mettre en lumière, qu’occulte-t-il ?
On constate au 17°siècle que le paysage représente certes un lieu avec ses caractères champêtres, mais qu’il exprime également autre chose. On sent une absence, une perte. La peinture a évolué. Auparavant l’espace était marqué par l’architecture. Grâce à l’art de bâtir, l’humanité a marqué son environnement, et c’est à l’adresse des dieux que sont édifiés les temples. La première réponse avancée pour établir le lien entre l’homme et le monde, s’appuyait sur la métaphysique, qui elle-même se visualisait dans l’architecture. La colonne, le chapiteau, le linteau constituent le vocabulaire qui a permis de marquer le territoire. De l’antiquité à la renaissance les exemples foisonnent. Puis les mentalités changent, le divin disparaît au profit d’un lien plus intime entre l’individu et le monde et peu à peu le paysage s’impose. Il détrône ainsi l’architecture, même si parfois on constate la représentions de traces de construction. Il suffit de regarder H. Robert. Ses ruines renforcent l’absence du divin, elles annoncent la fin d’un cycle. L’homme est confronté en douceur à la perte d’une solution. Pas de menaces ni de drames dans ses tableaux.
Dans ces lieux d’espoir on jouit de la lumière, de la douceur du vent, de la paix du temps qui passe. Le paysage est plus proche du jardin que de la jungle. C’est l’Eden sans la métaphysique. L’harmonie du monde agit comme rédempteur de l’humanité, la bonne nature sauve l’individu de l’avilissement et de la corruption alors que la civilisation pervertit tout. On voit l’influence des philosophes comme Rousseau.
Mais chez nos contemporains la foi dans le progrès s’est altéré. Et la perte du divin s’est prolongée par l’absence de l’humain. Les paysages harmonieux du 18° et du 19°, où le spectateur trouvait du plaisir en s’amendant, ont été remplacés par d’aimables vitrines dont les qualités ne cachent pas la difficulté d’habiter et de concevoir la nature. Il est à noter que la différence entre le paysage représenté, le tableau, et le site naturel rencontré au hasard d’une promenade tend à s’estomper dans une discussion courante. L’un et l’autre se superposent pour aboutir à une confusion des genres. Souvent les mêmes mots et les mêmes notions sont appliqués pour décrire la représentation et le site. Ainsi l’interprétation et l’objet de cette interprétation, sont confondus et le lien s’effectue autant avec l’image qu’avec la réalité.
Pour la deuxième fois nous avons subi une perte qui a certes été compensée par un nouvel agent : le patrimoine. La conservation devient le maître mot lié au paysage, Il se crée des réserves naturelles. Il est nécessaire de protéger, d’enregistrer ce que l’on redoute de perdre. Il s’érige en patrimoine. patrimoine que l’on souhaiterait universel mais qui en réalité appartient bien à quelqu’un. Notre absence d’expérience de la nature et notre mode de vie urbain ont modifié nos comportements. La consommation est devenue une valeur, et la délectation, la jouissance se fait par le truchement d’un acte marchand. Du religieux nous avons glissé vers l’humanisme puis vers l’économie.
Quels sont donc les rapports de L’homme économique avec le monde ? Comment trouve-t-il sa place et que regarde- t-il ? Au 18° siècle on donnait la définition suivante du paysage : « Pour avoir la connaissance d’une campagne il ne suffit pas de la voir tout à la fois, mais il faut en considérer chaque partie l’une après l’autre et arrêter son regard successivement ». Les éléments épars acquièrent leur valeur lorsque toutes les parties se font oublier au profit de l’ensemble. L’unité garantissant la qualité dans une perception successive. En partant de l’observation de l’histoire et dans une remise en cause de la posture contemporaine devant le paysage je mets l’accent sur les détails et les parties. La branche, la feuille sortent de leur contexte, et il devient nécessaire de déstructurer l’image globale, de ne plus regarder le paysage d’un point de vue privilégié. Regarder un paysage n’est plus uniquement se placer sur une colline et découvrir le panorama. Le refus du pittoresque conduit au morcellement du regard et chaque objet choisi prend une charge symbolique. Le fragment s’identifie à l’objet. Ainsi s’ouvrent deux pistes, le paysage témoignage d’une histoire personnelle et le paysage comme phénomène collectif.
Se souvenir est une activité bien humaine et Proust nous a montré comment un objet peut être le catalyseur de la mémoire. Le fragment végétal ou minéral tient la place de la petite madeleine. Le souvenir d’une promenade comprend la somme des informations croisées au détour du chemin, pierre, mousse, arbre. Et la multiplication et l’accumulation de ces sensations tendent à densifier l’expérience mais aussi à la relativiser. Un souvenir est riche d’une quantité d’informations variées et différentes, il se nourrit de lui-même et de ce fait il enregistre un certain nombre d’inexactitudes dont la rectification a somme tout peu d’importance. Vrai ou faut le souvenir conserve la charge émotionnelle sur laquelle s’édifie la personnalité. Prendre une pierre, une feuille, un arbre et mettre ces éléments en situation pour construire une amorce de lieu articule un processus de remémorisation. L’évocation des fragments édifie un lieu, la mémoire s’appuie sur cette action pour glisser vers l’histoire personnelle et vers la mélancolie.
Le paysage construit l’expérience individuelle. Les parties ainsi isolées possèdent le pouvoir de faire naître des réminiscences. Le rapport à l’enfance dans ces conditions, révèle toute sa puissance. Loin de regretter un Eden universel, la mélancolie nous renvoie au territoire mental de notre enfance. Elle constitue le socle d’une réflexion sur soi où le passé et la mémoire de ce passé enrichissent le présent. Mais être mélancolique ne signifie pas se complaire dans les regrets qui ne permettent pas de progresser. La mélancolie permet la transition entre son passé et le présent. Le paysage devient ainsi l’ordonnateur de la mémoire, et il accentue la rupture avec une vision globale pour renforcer le questionnement.
L’urbanisation s’accentuant, l’espace naturel perd son rôle d’espace de vie. Le paysage est transformé en objet et peut donc être acquis. Le paysage est devenu un bien à qui on a donné un acte de propriété. Pour preuve, les procès intentés par les propriétaires des volcans d’Auvergne pour obtenir des droits de reproduction. Et dans notre société où la possession est une valeur morale, on stigmatise la pauvreté. Le démunis l’est par sa faute. Celui qui ne consomme pas ne fait pas acte de civisme, tous ayant le devoir de se plier devant l’économie, le paysage est une marchandise comme une autre. La fenêtre du tableau est remplacée par le guide vert. . Le paysage dressé en objet économique édicte ses règles et multiplie ses contradictions. L’appropriation ne se fait plus uniquement par le regard, mais également par la médiation de la machine. On filme, on photographie. Il y a la volonté de rapporter le paysage chez soi, de l’avoir à domicile, sans risques, à la bonne échelle . L’accès doit être garantit à tous et chacun doit en jouir selon ses moyens. Usage par tous mais propriété de quelques-uns. La protection d’un site révèle sa perte, on ne conserve que ce qui s’éteint. Placer au musée un site naturel c’est prendre acte de son inadéquation avec les modes de vie contemporains. Ainsi rendre compte d’un paysage revient à montrer ce qui structure nos société. Faire un paysage, c’est exprimer un lieu et ses rapports avec l’organisation sociale.
Si je prend comme exemple certaines de mes pièces, on constate que les moyens habituellement utilisés pour la promotion de biens marchands, comme le slogan publicitaire, sont présent. Ainsi des panneaux apparaissent. Des textes courts font leur intrusion dans l’espace sensible et de cette manière l’incurve vers un espace narratif. Donner un nom aux choses ou raconter une histoire renforcent les critiques à l’encontre d’une utilisation du paysage. Le propos se durcit, se radicalise. Quand on écrit branche auprès d’une branche, l’intention est ironique et la dérision s’invite au discours. Il naît un bredouillage redondant qui appui la critique d’un mode d’utilisation de notre environnement. Nommer une chose évidente et visible s’apparente à du sarcasme. Par ailleurs lorsqu’on nomme les choses on les ancre dans une expérience humaine d’appropriation. Le verbe fait mien l’objet. Je l’appelle par son nom et ainsi je le connais. Lorsqu’une phrase vient s’accrocher à une œuvre on y trouve la volonté de prolonger la vision par une histoire, la narration permet la mise en relation d’expressions différentes. L’image et la lettre. Le volume ne réagit pas comme une illustration du texte mais comme un regard critique. Le décalage qui s’instaure instruit le sens de la pièce. Je vois, je lis, je questionne.
En conclusion le paysage se signifie par la perte et par l’absence. La perte de la métaphysique et de l’humanisme a promu l’économie au rang de valeur. L’absence d’unité entre l’individu et son environnement a abouti à transformer en marchandise une idée. La lettre devient un slogan, une réclame qui pour dérisoire qu’elle soit n’en atteint pas moins son objectif : donner une lecture unique du monde. La pensée ne tend plus vers l’universalité à travers le pluralisme des individualités, mais vers l’unicité et l’uniformité de la pensée et de la perception.
Psychologie du paysage : questionnement !
Si on part du principe que la perception définit une sensation, je pose ma main près d’une source de chaleur et je ressens le chaud, dans quelle mesure la vue d’une plaine ou d’une montagne peut-elle provoquer chez nous des sentiments précis ? Une psychologie du paysage est-elle possible ? Le plat, l’élevé, le touffus et le vide sont-ils les agents indépendants de la perception ou sont-ils de simples vecteurs de, non seulement nos sensations mais également de nos sentiments ? Le paysage n’est-il pas en train de s’anthropomorphiser, et les caractères humains ne se superposent-ils pas aux caractéristiques naturelles ?
Observons les types de paysages, on constate que les vues exotiques, ne sont pas perçues de la même manière qu’un bois ou qu’une prairie proche de notre expérience géographique. L’éloignement, à de rares exceptions, semble créer un facteur d’interprétation supplémentaire. Et ce facteur semble se rapprocher de la littérature. La représentation de palmiers ou de la jungle ne provoque pas les mêmes réactions que l’image d’une prairie. Dans cette lecture rentre une part liée à l’imaginaire, au roman. Involontairement la littérature s’immisce dans la relation à l’œuvre. La distance au sujet nous appelle à privilégier le mystère de la découverte de l’inconnu. En chacun de nous émerge un peu de Segalen. Le palmier n’est plus seulement une architecture de branches et de couleurs, il devient le témoignage d’une altérité mystérieuse. Par contre une plaine dans sa proximité à nos habitudes conserve son évidence, et sa lecture s’effectue apparemment le plus simplement du monde. Pas de rajout littéraire en apparence, et l’objet disparaît sous le traitement et la représentation. La culture officie, mais dans une foret de Corot il y a beaucoup moins de foret que de Corot. Nous regardons la peinture plus que le sujet. Mais peut être est-ce seulement la foret que nous ressentons, un type de foret qui ne se trouve que chez Corot comme certaine chênaie ne se trouve que dans le Périgord. L’artiste deviendrait un territoire. Un territoire virtuel se situant en nous, dans la somme de nos expériences et de notre ressenti. La vision du paysage faisant naître des sensations qui dépendent apparemment plus de notre état d’âme que de l’organisation de l’espace. Si, pour simplifier, la vue ou l’interprétation d’une foret épaisse provoque du malaise ou de la mélancolie, la foret ne porterait-elle pas une charge émotionnelle qui résonnerait en chacun de nous, parce que liée à une expérience collective ? Cette résonance officierait certes de manière différente selon les individus. Ainsi le paysage se superposerait à sa représentation et sa perception se superposerait à notre psychologie pour aboutir au paradoxe qui définirait le paysage comme possédant toute la gamme des sentiments humains, le gai, le triste….
A chaque type de paysage correspondrait une psychologie, un peu comme au 19° on classait les physionomies, le lunatique, le sanguin, selon des caractères morphologiques, avec bien entendu toutes les erreurs inhérentes à ce genre d’exercices. Malgré son coté radical et excessif cette vision des choses recèlerait tout de même une part de vérité. Naturellement il n’est pas question d’établir des équivalences absolues entre des types de paysage et des caractères, mais indéniablement la vue d’une colline ou d’une grève va provoquer d’autres réactions que la seule analyse de l’espace et de la forme. Une part de nous va se superposer à l’objet regardé et faire corps avec. Lien culturel, lien émotionnel qui construit un dialogue intérieur, moi et le monde, moi dans le monde.
Le BUG
L’intrusion du hasard, ou de la surprise semblent être de plus en plus exclus des modes de fonctionnement de nos sociétés technologiques. Le risque zéro est le leitmotiv des discours officiels et nous sommes intimement convaincus de la pertinence de ces raisonnements. La foi en la technique, l’organisation et la loi est telle que le retour du monde des origines dans notre réel provoque une surprise scandalisée.
Je traite de notre approche contemporaine au paysage et à la nature. Parti d’une réflexion sur la promenade j’ai abouti à un travail plus politique où la critique d’un mode d’appropriation du territoire se mélange à une interrogation sur la gestion collective et rationnelle d’un patrimoine commun.
Le paysage est associé au moyen matériel grâce auquel il est conservé dans notre mémoire. La mécanique et l’objet industriel envahissent mon travail. Ils constituent une entité omniprésente qui finit presque par masquer la représentation qu’ils devraient servir. La technicité modèle le paysage, l’utilisation de roulettes, d’écrans vidéos, de projecteurs de diapositives, d’excroissances parasitent la lecture : on aboutit à des objets où le sujet est enseveli par ses moyens de représentation. L’appropriation de la nature ne se fait plus uniquement par la promenade, il faut la conserver, la transporter, la considérer comme une propriété qui peut se classer, se ranger comme n’importe quel objet. L’échec nous guette, le moindre dérèglement dans nos processus nous rendra amnésique.
Le paysage devient un enjeu, il sert à présenter des concepts qui ont peu de rapport avec la nature et le monde. Ce détournement correspond à une imposture quand la distance entre le sujet, le paysage, et l’objet quel qu’il soit, devient trop importante. Dans ce contexte il est le personnage d’une histoire qui concerne d’autres valeurs. L’aspect narratif, « Je raconte une histoire », en intégrant la nature comme personnage est abusivement utilisé par la communication. On effectue une superposition entre du beau consensuel, une figure appréciée de tous, et un objet dont il est possible de discuter la valeur. Alors qu’il serait indispensable de critiquer cet objet et de l’analyser dans son contexte d’origine. Nous voyons régulièrement des impostures de ce type où les images qui nous sont proposées sont dévoyées de leur sens premier. La nature bienveillante et pure d’un paysage campagnard a été utilisée par tous les marchands de notre temps. Il est actuellement courant de pervertir un message en imposant une volonté partisane qui passerait pour un conseil éclairé. « Je vous surveille pour votre bien. » Ce constat m’a amené à considérer le paysage sous un angle différent : celui de la dénonciation politique. Comment et dans quel but on utilise tout ce qui a trait à la nature et pour quelles raisons le paysage est instrumentalisé ? Comment notre rapport à la nature et au monde sert-il de prétexte à toute sorte de compromissions mais aussi comment, nous-mêmes, individus vivons-nous un certain nombre de contradictions.
Cette nouvelle approche du monde naturel prend la forme d’un espace narratif, des installations présentées comme des histoires, des saynètes dans lesquelles j’énonce un message naïf et humoristique. L’usage de matériaux de récupération, de présentoir publicitaire, de signalétique routière, d’éclairage, d’objets techniques ré assemblés construit un paysage déjà profondément abîmé. Ces objets issus de la publicité ou de la communication, je les entoure de papier passé dans un destructeur de documents, longs et touffus serpentins qui génèrent une prolifération un peu malsaine. L’utilisation de cette matière première, de ces déchets fabriqués dans le seul souci de conserver un secret qui peut être n’est pas avouable résume assez l’aspect malhonnête des intentions des donneurs de conseils. De plus de petits textes inscrits sur des pancartes sont intégrés aux installations, sorte de cartels qui font partie de l’espace et agissent tel des phylactères. Les panneaux sont placés au sol ou sur un mur, aussi peu différents des mises en garde habituelles telles « pelouse interdite » ou « toilette. Textes, très courts, écrits comme des slogans qui ont la banalité des sentences entendues partout et répétées sans réflexion. Parfois drôles et naïves, souvent pompeuses et prétentieuses ces phrases renforcent la lecture de l’installation qui devient ainsi une sorte de vignette de bande dessinée. L’opération consiste à mettre du doute dans l’affirmation du bon droit et dans la certitude de détenir une vérité indiscutable.
Le bug, c’est l’instant où le discours officiel montre ses limites et sa duplicité, où les certitudes s’effacent. Les bornes ont été arrachées, on les a déplacées et quand la vérité surgit d’un grand bouleversement, nous sommes sans repères. Le bug produit de la transparence dans l’opacité des discours, un disfonctionnement occasionnel démontre l’incohérence des choix qui ont été effectués.
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